L'Homme et l'Animal dans les portraits de la Renaissance

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Le Portrait

Le portrait est la représentation d'une personne réelle, par le biais d'une technique artistique particulière : dessin, peinture ou gravure. Son origine est très ancienne : les premiers portraits connus représentaient les personnalités importantes comme les chefs, les rois, les empereurs (sur les pièces de monnaie romaine par exemple). Puis, il devient de moins en moins présent durant le Moyen Age, où l'art est avant tout au service de la religion et de Dieu. La multiplication des portraits dans la peinture de la Renaissance est liée à l’émergence d’une pensée nouvelle, désignée aujourd’hui sous le nom d’  « humanisme ». Elle consiste, entre autres, à faire de l'Homme un élément central dans l'univers. Ainsi, chaque individu devient digne d’intérêt, ce qui n'était pas le cas au Moyen Age, où c'est surtout le groupequi était important (la famille, les gens qui exerçaient le même métier, vivaient au même endroit,...).

Cette curiosité nouvelle pour l’être humain va donner naissance, sur un plan littéraire, aux premières « autobiographies » : un homme quelconque juge que sa vie, ordinaire ou non, est suffisamment importante à ses yeux pour mériter d’être racontée. Sur un plan artistique, la réapparition du portrait dans la peinture du nord de l’Europe au XVème siècle montre clairement ce nouveau regard que l’homme porte sur lui-même et ses contemporains.

Si l’on porte un regard en arrière, on s’aperçoit que le portrait a eu pour fonction première de remédier à l’absence d’un individu. Ainsi, cette image permet avant tout de garder une trace, un souvenir d’un visage, d’une personne qui n’est pas là. Cela sous-entend la reproduction fidèle de ses traits physiques, et en effet, portrait vient du latin protrahere qui signifie reproduire. Or, il apparaît clairement dans les portraits européens des XVème et XVIème siècles, que les peintres ont tous cherché la ressemblance physique. Il importe également de faire transparaître la personnalité du modèle, ses goûts. Enfin, il ne faut pas oublier la fonction sociale de l’individu, qui le caractérise aux yeux des autres (son métier, sa famille,...).

D’une façon générale, les premiers portraits représentent l’individu de profil, mais le caractère figé de ce type de portrait est plus ou moins abandonné au profit de la représentation de face, mais surtout, de trois-quarts. En effet, celle-ci permet au peintre de faire figurer le visage en entier, avec son relief et sa profondeur. Ainsi, la vision de trois-quarts insiste sur la présence physique du personnage peint à un moment donné dans un espace particulier. Le portrait apparaît alors comme un double du modèle, qui établit un lien spécial avec l’homme qui le regarde. De même, les artistes de la Renaissance privilégient la représentation en buste (la personne est peinte jusqu'à la poitrine) : le spectateur se sent alors plus proche du personnage, il a l'impression d'être à ses côtés. La représentation en pied (c'est-à-dire du corps tout entier) est surtout réservée aux grands princes car elle introduit une distance avec l’observateur et insiste sur la dignité de la personne représentée.

A partir de la Renaissance, les princes comme les bourgeois se font peindre pour garder la mémoire de leurs ancêtres (comme un album-photo), par fierté aussi et enfin parce que c'est un moyen de montrer qu'ils s'intéressent à l'art. Ils aiment se faire peindre en compagnie des personnes ou des objets qui leur sont chers, et parfois, il peut s'agir aussi d'un animal.

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