L'Homme et l'Animal dans les portraits de la Renaissance

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Les portraits d'Hommes

Ce portrait a été peint par Agnolo Bronzino en 1532. Il représente Guidobaldo, l'héritier du duc d'Urbino, qui gouverne la ville d'Urbino et les territoires alentour. Ici, l'artiste le représente accompagné d'un gros chien blanc, certainement un lévrier. Le lévrier est le chien préféré des nobles car il est jugé puissant et élégant. Ils l'utilisent pour chasser mais aussi pour montrer à tous qu'ils possèdent des animaux racés.

Le jeune homme, alors âgé de 18 ans, a voulu montrer à travers ce portrait qu'il est capable de devenir duc à la place de son père quand le temps sera venu. Il est vêtu d'une armure et porte une épée à la hanche : elles montrent que c'est un noble (seuls les nobles peuvent porter des armes et faire la guerre), prêt à défendre ses biens et son territoire. Le chien à ses côtés met en avant la force et la détermination de son maître.

un jeune homme accompagné d'un gros lévrier blanc
un homme accompagné d'un labrador noir

C'est toujours Bronzino qui peint ce tableau qui représente Bartolomeo Panciatichi vers 1540. Celui-ci est un riche marchand de soie qui devient un homme important à la cour de Cosimo I°, grand-duc de Toscane. Au premier regard, on n'aperçoit pas le chien noir qui se trouve en bas à droite. La couleur de son pelage rappelle celle des vêtements de son maître et insiste sur sa sobriété et sa simplicité. En effet, Bartolomeo était un homme proche des idées des Protestants qui se développent à l'époque et qui soulignent que le bon chrétien doit être modeste et ne pas se vanter de sa richesse terrestre.

Le chien, qui est aussi un symbole de fidélité, montre également que le marchand est un homme honnête et droit, digne de confiance. Enfin, le chien accompagne souvent l'homme mélancolique, c'est-à-dire l'homme triste, qui se perd dans ses pensées. La position immobile et le regard absent de Bartolomeo indiquent son tempérament taciturne.

L'homme qui figure sur cette toile n'est autre que l'empereur Charles Quint. C'est un prince très puissant au 16° siècle puisqu'il gouverne l'Empire germanique (une partie de l'Allemagne, l'Autriche, la Hongrie), mais aussi l'Espagne et le Portugal. C'est Tiziano (Titien), un grand peintre vénitien, qui en est l'auteur en 1533. Le rôle de l'artiste était donc de montrer à tous dans ce portrait la puissance de l'empereur.

Pour cela, il le peint "en pied", c'est-à-dire debout : cela donne une impression de majesté au spectateur qui le regarde. De plus, le peintre choisit de faire figurer un grand chien de chasse à ses côtés : comme dans le portrait de Guidobaldo, il insiste sur le statut noble du personnage, ses capacités guerrières, son courage. Mais son attitude tranquille souligne aussi sa confiance en lui et prouve qu'il ne gouverne pas seulement par la force, mais aussi grâce à ses qualités morales (intelligence, respect, loyauté,...).

un homme accompagné d'un grand lévrier 	            blanc
le roi de France sur un cheval

Ce portrait équestre, c'est-à-dire"à cheval", de François I°, roi de France, a été peint par Jean Clouet vers 1540. Ce type de portrait doit montrer au spectateur la noblesse du personnage, qui n'est pas obligé de marcher à pied comme les gens simples, mais aussi sa maîtrise sur l'animal. En effet, l'équitation est considérée comme un art : il faut respecter certaines règles et le dressage du cheval n'est pas un exercice facile.

Ici, le roi et le cheval sont tous deux vêtus magnifiquement afin de mettre en évidence la richesse et la prestance du souverain. Cette tradition du portrait équestre sera reprise par les princes du 17° et du 18° siècle comme Louis XIV.

Peint par Tiziano à partir de 1523. Ce tableau qui représente Frédéric II, duc de Gonzague, avec un petit chien est plus inhabituel. En effet, on a vu que d'habitude, les hommes sont plutôt représentés avec des animaux impressionnants qui doivent les mettre en valeur. Ici, au contraire, le duc pose accompagné d'un bichon, c'est-à-dire un petit chien blanc. Pourquoi?

La réponse est simple : à cette époque, le duc cherchait une épouse et voulait montrer à tous une image favorable de lui-même. Le petit chien est d'habitude le compagnon des femmes : ici, il symbolise la future épouse du duc. L'animal permet également d'insister sur le caractère doux de Frédéric et sur la protection qu'il assurera à sa femme (la main qui caresse le dos de l'animal).

un homme accompagné d'un petit bichon blanc
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